Un coup de vent et comme une vague se propage à la surface mouvante du champ. Le mat succède au brillant en une souple ondulation, dans la lumière dorée du soir. Respiration calme du géant endormi sous la colline, la brise suit son chemin et arrive au bosquet.
Le doux bruissement des petites feuilles murmure à mon âme une légende ancienne, un tourbillon emporte de la mousse sèche jusque sur mes genoux et dessine un mandala d'automne. Deux feuilles, l'une dorée, l'autre rouille, descendent en tourbillonnant de l'arbre en surplomb et viennent le compléter en une asymétrie dynamique.
Instant unique, fragile, suspendu. Perméable à la musique du vent, je ne suis plus qu'une vibration de plus mêlée aux sons comme aux couleurs.
La brise passe, le dessin se brouille, seule reste la résonance lumineuse en mon coeur.
Soleil intérieur éveillé par la simplicité dépouillée de la nature en automne.
Rayonne.